
Depuis maintenant plusieurs siècles, c’est bien connu que les femmes sont moins entendues que le genre masculin. Le droit de vote, le droit de parole et les droits au travail sont la preuve que les femmes ont longtemps été mises au second plan. Selon Huguette Junod, chroniqueuse et poète qui soutient le féminisme, les femmes continuent d’être mises dans l’ombre vis-à-vis des hommes dans le monde actuel.
Mais alors, est-ce une réalité qui existe encore dans notre monde actuel ?
C’est dans ce texte que nous allons aborder ce sujet en passant par une approche chronologique, en mettant en avant des exemples concrets qui peuvent souligner des faits de la réalité des femmes dans le monde actuel.
Tout d’abord, le XIXe a été marqué par la littérature pour toujours. Des auteurs comme Victor Hugo, Émile Zola, Charles Baudelaire, et bien d’autres encore, ont écrit des œuvres qui ont marqué leur époque et qui continuent d’être lues de nos jours. Mais où étaient les femmes écrivaines à ce moment-là ? Et bien prenons l’exemple du roman Indiana, publié en 1832 par George Sand. Ce livre a fait sensation grâce à l’intensité avec laquelle il exprimait les frustrations et la révolte d’une femme. L’auteur y dénonce une soumission imposée, qui prive celles-ci de liberté, étant coincées entre la loi, la morale et les préjugés sociaux. C’est ensuite très rapidement, qu’on a su que George Sand était une femme. Cette nouvelle a alimenté le scandale et la fascination autour de son œuvre et sa vie. Aurore Dupin allait jusqu’au point de porter des habits masculins, fumer le cigare et a quitté son mari (Casimir Dudevant) pour vivre une liberté amoureuse. Les femmes autrices étaient tellement mal vues, qu’elle se cachaient derrière un pseudonyme masculin, choisi pour leur permettre de se faire une place dans un monde littéraire dominé par les hommes.

Aurore Dupin (George Stand) habillée en homme.
Ensuite, 1944 est l’année où les femmes ont pu acquérir le droit de vote et participer à la vie politique en France. Avant cette date, les femmes n’étaient pas autorisées à prendre part à la vie politique de leur pays. Elles étaient destinées à s’occuper du foyer et des enfants, tandis que les hommes faisaient avancer les débats et les décisions pour leur nation. On disait que les femmes étaient, en effet, trop sensibles et influençables par l’Église pour leur accorder le droit de vote, sachant que la France se disait « partie des droits de l’homme ». Certes, même sans droit de vote, certaines femmes ont joué un rôle politique indirect, en militant, en influençant des débats sociaux ou en s’engageant dans la Résistance. Cependant, leur action restait limitée par un cadre légal qui les excluait officiellement de la vie politique.
Pour finir, les femmes ont été mises de côté au point que ce n’est qu’en 1965 qu’elles ont enfin eu le droit d’ouvrir un compte bancaire et de travailler sans l’accord de leur mari. Il est vrai que, certaines femmes travaillaient déjà avant cette date, notamment dans les campagnes ou dans des professions moins réglementées, et contribuaient donc à l’économie familiale. Or, ces situations restaient rares et ne remettaient pas en cause le fait que la loi leur interdisait officiellement l’autonomie financière sans l’autorisation d’un homme.
Malgré tout, beaucoup d’exemples récents montrent qu’une évolution a eu lieu vis-à-vis de l’image de la femme. En 1949, Simone de Beauvoir, avec son livre Le Deuxieme Sexe a posé une réflexion philosophique fondamentale « On ne naît pas femme, on le devient ». Elle signifie que la condition féminine n’est pas déterminée par la biologie, mais est le résultat de constructions sociales, culturelles et éducatives. En d’autres termes, ce n’est pas le corps qui fait la femme, mais la société qui façonne ce que signifie « être femme ».
D’année en année, le mouvement du féminisme a été mis en avant, et introduit dans la culture populaire, notamment en 2013 avec Beyoncé, qui a intégré dans sa chanson Flawless un extrait du discours de l’écrivaine nigériane Chimamanda Ngozi Adichie : « We should all be feminists ». Par ce geste, elle a transmis le message à des millions de personnes à travers la musique.
Ces deux exemples illustrent que le féminisme, qu’il soit porté par la philosophie ou par la culture populaire, cherche avant tout à donner une voix aux femmes et à affirmer leur égalité aux côtés des hommes et à transformer les mentalités sur le long terme.
Pour conclure, le fait que l’image de la femme soit aujourd’hui mise en avant à travers de nombreux moyens, dont la politique, il y a encore un grand effort à réaliser pour mettre le féminisme en avant et changer les mentalités, car le monde d’aujourd’hui se confronte toujours à des désaccords vis-à-vis des égalités des sexes.
Mais est-ce le poids d’une pensée sexiste persistante, d’une structure trop patriarcale, ou d’une tradition encore ancrée qui ralentit l’égalité ?