L’art de maîtriser ses émotions

Comme tout le monde sait, l’humain est constitué de deux facettes appelées : l’extérieur et l’intérieur. Pour mieux le définir, la partie extérieure serait plutôt « l’enveloppe », donc dans notre cas précis : le corps humain. Tandis que la partie intérieure serait donc notre âme (fait référence au moi intérieur) (Freud).

Notre âme est constituée de plusieurs choses, tant évidentes que complexes, mais une chose importante qui la constitue, ce sont nos émotions. L’essence d’une émotion serait des pensées spontanées (ou non) face à diverses situations qui nous arrivent quotidiennement. Autrement, ce sont des mots qu’on n’arriverait pas à exprimer.

Hors, nos émotions ne dépendent pas de nos actions, ni des choses que la vie nous impose. Elles sont exclusivement psychologiques. Paradoxe que peu de gens conscientisent, tout ce qu’on ressent provient le plus souvent de notre vision du monde ainsi que de nos choix liés au passé. Mais alors, pouvons-nous les maîtriser ?

Chaque individu a déjà vécu des expériences de vie qui constituent leur moi actuel. Plus simplement, un mélange « positif » et « négatif ». D’épanouissement ou de traumatismes, parfois éphémères mais qui restent à vie dans notre inconscient, ce qui théoriquement explique nos réactions sur le long terme.

Tout le monde a déjà également eu affaire à ses propres réactions impulsives, en disant la fameuse phrase « C’était sur le coup des émotions ».

Alors, l’art de maîtriser ses émotions permet non pas de les supprimer, ni de s’empêcher de les ressentir, mais au contraire, de savoir les reconnaître, et d’apprendre à les contrôler au bon moment. Entre autre, nous contrôler nous-mêmes ou changer notre vision. C’est une pratique plutôt pertinente qui englobe en grande partie la réflexion ainsi que la rationalité, assez utile pour une intégration plus facile face à différentes situations ainsi qu’à la société.

Prenons l’exemple de Roxane, une jeune femme de 27 ans qui travaille en tant qu’employée de commerce dans une entreprise suisse. En dehors du travail, elle pratique plusieurs hobbies dont : la danse, le ballet et visiter des expositions théâtrales. Un jour, elle décide de quitter ce travail face à un stress constant. Suite à cela, Roxane est restée au chômage pendant 8 mois tout en restant à la recherche d’un nouveau poste. Cette période s’est avérée pour elle extrêmement difficile sur le plan moral, car sans travail, elle se retrouve sans revenu stable, ce qui entraîne peu à peu une perte de repères et une absence de motivation à se lever le matin. Elle devient émotive. Les émotions telles que : l’énervement, la tristesse et l’envie de rien l’envahissent progressivement, ce qui dérègle son mode de vie. Un jour, en se confiant à une amie proche, elle décide de prendre un suivi de plusieurs séances chez un psychologue, en pensant qu’il pourrait l’aider.

Pendant les séances, Roxane appuie sur le fait qu’elle ne comprend pas pourquoi elle n’arrive pas à obtenir une place de travail, tout en expliquant qu’elle fait tout pour. Évidemment, ce n’était pas totalement vrai, car elle a abandonné ces recherches au bout de quatre mois, en citant la phrase : « De toute façon, cela ne sert à rien. Ce qui doit arriver arrivera un jour ».

Le refoulement de Roxane prouve qu’elle n’a pas pleinement conscience de ses actions ainsi que de son implication insuffisante dans sa propre affaire. En repensant à ces mots, il est vrai que le destin est un phénomène qui a tendance à rassurer, mais la procédure de celui-ci n’est pas aussi simple que l’on le pense. Je parlerai de ce sujet dans un autre texte.

Pour revenir à notre thème, nous pourrions constater que les émotions ressenties par cette jeune femme sont en réalité l’élément principal perturbateur de sa situation actuelle. Pourquoi ? Car chaque décision provient de sa manière de penser qui crée ainsi, son propre monde extérieur.

Mais alors, comment réussir à accepter et réussir à maîtriser ses propres émotions qui nous créent des pensées qui ne proviennent pas naturellement de nous-mêmes ?

Il existe plusieurs pratiques pour réussir à entrer dans notre propre état émotionnel ainsi que le comprendre. Chacune d’elles est différente, et toute personne aura au final son propre processus pour acquérir le résultat voulu, donc de rentrer en connexion avec ces pensées et obtenir une meilleure compréhension de soi.

1. Rationaliser

Le rationalisme est une manière de penser très utile à avoir une meilleure compréhension d’une situation ou du monde qui nous entoure. Plus précisément, cela définirait de faire un « tri » de pensées pour souligner des choses auxquelles on ne penserait pas tout de suite.

Souvent, après une émotion spontanée, l’humain a tendance à dériver sur le coté optimiste ou alors l’inverse, pessimiste. Ce qui est tout à fait normal, car en recevant une bonne ou mauvaise nouvelle, nous allons pas directement nous assoir, et commencer à revenir sur Terre par des pensées cohérentes.

En effet, rationaliser est plus profond que ça. C’est apprendre à visualiser une situation et d’en tirer les points qui nous semblent positifs ou négatifs, comprendre pourquoi nous, et par quel moyen possible les choses pourront-elles changer. Entre autre, c’est un processus d’analyse.

La rationalité est une manière de penser, que j’explique plus profondément dans le texte : Le pouvoir caché de notre perception.

2. Reconnaître les émotions

Reconnaître ces propres émotions est important pour d’abord les accepter, et ensuite les comprendre (pourquoi ai-je ressenti cette émotion ? d’où est-ce qu’elle provient ?…)

Cela permet d’avoir un ressenti plus proche de soi-même, ce faire confiance et prévoir à l’avance certaines de nos réactions, et aide également à mieux communiquer avec les autres. Par exemple, je ressens de la colère après une remarque. En reconnaissant cette émotion, je peux me demander : “Est-ce que je me suis sentie blessée ? Injustement critiquée ?”…

3. Réguler ces émotions

Reconnaître une émotion est une étape, mais savoir la réguler permet d’éviter qu’elle ne prenne le dessus.

Cela ne veut pas dire l’ignorer ou la refouler, mais plutôt apprendre à l’apaiser, à l’écouter sans se laisser submerger. Il peut s’agir de prendre du recul, de respirer profondément, ou d’attendre un moment plus calme pour réagir.

C’est à ce moment là ou la fameuse phrase « Je vais faire un tour », fait sens.

Cette régulation nous aide à rester maîtres de nos choix et à agir avec plus de justesse dans nos relations.

Pour conclure, maîtriser ses émotions ce n’est pas les étouffer ni les fuir, mais les comprendre et les accueillir pour les transformer en une véritable force intérieure. C’est apprendre à se connaître plus profondément. C’est un chemin exigeant, qui demande de l’effort, mais au final est libérateur. Cela nous rend plus humains, plus justes, et plus en paix avec nous-mêmes ainsi que les autres. Car au fond, celui ou celle qui sait entendre son monde intérieur devient capable d’habiter le monde extérieur avec plus de clarté et de sérénité.